Si j'avais su, j'aurai pas venu.

Publié le par dilbert

Tel pourrait être le leitmotiv de la jeune fille que je vois tous les jours au réveil.

Ca c'est du teaser lostien. (Qui a repris ce mercredi d'ailleurs, hmmmm OUAIS)


Mais revenons-en à cette histoire digne d'un téléfilm de M6. Lundi matin, au travail, pendant la pause, une de mes collègues protugaises (Oui, j'habite dans une région très fortement lusitanienne) fait annonce à l'assemblée de 12 que nous étions, en demandant maladroitement, si quelqu'un habitait à Cerizay pour pouvoir amené une de ses compatriotes. Ni une, ni deux, ON me propose pour l'amener.

Je m'insurge, bien évidemment, intérieurement, bien évidemment. Mais la beauté juvénile de la jeune demoiselle ma bonté d'âme a pris le dessus sur ma sauvagerie innée. Bref, en un mot, comme en cent, je la prendrais tous les matins de la semaine.

Le premier jour, d'un commun accord, et par respect, nous ne nous parlons pas.

Le deuxième jour, l'affaire se corse. Une discussion part sur les chapeaux de roue en anglo-franco-portugais. Ne parlant pas russe, je devrais me contenter de speaker franshaish. Et là, au détour de la discussion, elle me donne quelques informations sur elle, qui, d'habitude m'aurait fait rire aux éclats devant Les Maçons du Coeur, mais qui m'ont finalement attristé.
Son c.v. est tristement commun au Portugal, d'après ce qu'elle m'a dit, hein.
Elle nacquit un beau jour de septembre. Très vite, ses parents se décident à l'abandonner à sa grand-mère, désormais, sa famille se résumera à la sus-nommée, son frère et elle.

A 16 ans, elle rencontre son futur mari, avec qui elle aura son premier enfant. A 17 ans. Deux ans plus tard, elle accouche du deuxième garçon, entre 2 cours à la fac de langue de Porto.

Quelques temps plus tard, son mari a une idée géniale : "Et si nous partions en France, j'ai de la famille là-bas et il y a plus de boulot qu'ici." C'est dire la situation du pays. Trois semaines après leur arrivée, il l'a met dehors. Mais gentiment, hein. Il lui glisse par la fente de la boîte aux lettres, l'adresse et le numéro d'une de ses cousines qui habite à Cerizay, ma ville donc, faut suivre. La boucle est bouclée.

Pour résumer, elle se retrouve dans un pays inconnu, avec 2 enfants en bas âge, avec "quasiment" pas de contact, sans trop savoir parler la langue. Et elle a 19 ans.

Ca donne à réfléchir. Et surtout, ça fait relativiser.




Demain, je t'expliquerai pourquoi j'en ai marre, de ne pas avoir assez de temps pour jouer à la Xbox.

Publié dans Emoi et moi.

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